Lycée Blaise Pascal de Colmar

74, rue du Logelbach - 68025 Colmar Cedex

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Rencontre avec Carole Martinez

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Salon du livre de Colmar

 

Vendredi 23 novembre, après-midi

Carole Martinez a répondu aux questions que se posaient les élèves de 2nde1 sur son roman Du domaine des murmures, prix Goncourt des lycéens 2011

Carole Martinez parle sans complexe de sa vie de ses échecs professionnels, de ses joies d’écrivain aussi qui font partie de la vie.

Toute la classe de 2nde1 l’écoute attentive, subjuguée et pourtant aucun d’entre eux ne veut faire une 1ère littéraire, peu d’entre eux aiment la littérature mais Carole Martinez avec son dynamisme, sa jovialité captive : il faut dire qu’elle a un vrai talent de conteuse quand elle nous parle d’elle et de ses romans.

Carole Martinez :

« Jamais je n’aurais imaginé pouvoir vivre de mes rêvasseries, aujourd’hui c’est le cas » Elle nous raconte que quand elle était jeune elle passait plusieurs heures par jour juste à rêvasser. Elle interpelle les 2nde1 : « quelle que soit votre passion, vivez la, mais faites-vous une culture » Retenez les titres des jeux, des films, des livres, le nom des auteurs et des réalisateurs ! »

Un élève :

« Avez-vous rencontré des difficultés pour écrire ? »

Carole Martinez :

Pour son roman Cœur cousu, elle a passé 12 heures à écrire juste 4 lignes mais ces 4 lignes sont sans doute les plus réussies de son roman. En revanche, elle a trouvé facilement un éditeur pour la publier. Ce qui ne veut pas dire qu’elle n’a pas connu d’échec, au contraire.

« Mais il faut résister à l’échec, transformer l’échec en énergie » Les échecs nous rendent plus forts. »
Cette ancienne prof de lettres nous raconte comment elle a pu mettre à profit son échec au concours de professeur pour se lancer dans l’écriture. Il lui a fallu 4 ans ½ pour écrire Du domaine des murmures, son second roman.

« Vous considérez-vous comme un auteur engagé ? » :

Carole Martinez ne se considère pas comme un auteur engagé : « je me suis aperçue que j’avais quelque chose à dire en écrivant ». Ce qu’elle voulait, c’était écrire quelque chose sur les femmes. Il y a beaucoup de passages qui manquent sur l’histoire des femmes : il n’y a rien dans la littérature sur l’intimité des femmes, sur ce qu’elles mettaient pendant leurs règles, par exemple. Ce qui est normal lorsque l’on sait qu’elles ne mettaient rien et qu’elles étaient souvent enceintes. Aucun mot ne désignait les grand-mères au Moyen âge pour la simple raison qu’elles mourraient en couche avant d’atteindre ce statut.

Pourquoi avoir voulu parler des emmurées ?

Elle s’est inspirée de son vécu mais elle voulait aussi évoquer les sensations que l’on ressent. Elle est attentive aux sensations, elle se constitue une sorte de « bibliothèque des sensations » et cela lui permet de les réutiliser au théâtre ou dans ses livres.

Grâce à G. Duby et son livre  Les femmes au Moyen âge elle a découvert l’histoire de ces recluses. Ce qui l’intéressait c’était ces femmes qui avaient du pouvoir. Ces recherches lui ont permis de se réconcilier avec le Moyen Age qu’elle détestait et elle a pu ainsi se constituer une culture.

Vouliez-vous vous adresser à un public en particulier avec votre roman ?

« Non, je ne réfléchis pas à un public précis. »

D’où vous est venu ce titre ?

Elle voulait que son roman porte pour titre le nom de son héroïne « Esclarmonde » mais son éditeur a refusé.

D’où vous vient l’inspiration ?

Son inspiration lui vient de ses lectures mais aussi des blancs dans l’histoire des femmes qui laissent beaucoup de place pour l’imaginaire.

Avez-vous d’autres projets ?

Elle a plein de projets : elle adore la BD et a d’ailleurs une BD en projet avec Casterman. Son rêve serait de pouvoir réaliser un film un jour. Bientôt, elle devra partir au Cambodge avec l’agence française du développement qui a pour but de développer un label de développement qui devra améliorer les conditions de vie et de travail des ouvrières du textile.

Pourquoi la fin de votre roman est-elle aussi tragique ?

Carole Martinez explique qu’elle ne pouvait faire autrement car les 6 femmes du roman sont mortes lorsqu’elles parlent à la 7ème qui découvre l’amour. Les murmures de toutes ces femmes donnent d’ailleurs son nom au château.

A l’issue de la rencontre, tout le monde s’est retrouvé autour d’un goûter

Merci encore à Carole Martinez !